Il ne suffit pas qu’une page Web provenant de votre classe soit accessible sur Internet pour que l’on puisse parler d’un authentique site Web scolaire. Un site Web ne se définit pas seulement par son médium, (Internet), mais aussi par son contenu et surtout par son organisation. Aux fins du présent projet, nous vous proposons les caractéristiques suivantes :

1 UN ENSEMBLE DE FICHIERS ORGANISÉS

Les " briques " du site, ce sont des fichiers. Chaque page-écran qui sera visitée au moyen d’un fureteur tel que Netscape ou Explorer est, en fait un document distinct et, plus précisément, un fichier HTML. Les éléments audiovisuels (images, sons, vidéos) sont eux aussi des fichiers (un fichier par élément) de type .gif ou .jpg pour les images, de type .wav pour les sons et de type .mpg ou .mov pour les séquences vidéo.

Ces fichiers sont interreliés soit par intégration (quand on colle une image dans une page, par exemple), soit par hyperliens (quand on clique sur un mot, on est transporté vers un autre fichier).

Un site Web le moindrement substantiel va rapidement contenir des centaines de fichiers. Pour s’y retrouver, pas question de les empiler indistinctement dans le même dossier ou répertoire. Il faut les organiser logiquement en sous-répertoires, selon une structure hiérarchique ou, pour parler techniquement, en arborescence, qui est, tout simplement, la façon dont sont classés vos divers documents sur le disque dur de votre ordinateur.

Un site Web typique comportera une page d’accueil, un répertoire contenant tous les fichiers graphiques du site, et une série de répertoires correspondant aux principales sections du site. Chaque répertoire contient, à son tour, des sous-répertoires, et ainsi de suite.

Il est essentiel de concevoir l’arborescence du site au point de départ et de la modifier le moins possible ensuite. En effet, si on déplace ensuite un fichier d’un répertoire à l’autre, tous les liens qui conduisaient à ce fichier devront être modifiés à la main pour demeurer fonctionnels. Dans un site tant soi peu volumineux,cela devient une entreprise surhumaine et les risques d’oublis ou d’erreurs sont nombreux.

2. AISÉMENT NAVIGABLE

Il ne suffit pas que les nombreux liens d’un site soit techniquement fonctionnels. Le visiteur doit pouvoir s’y retrouver facilement. Il faut donc, dès la page d’accueil, lui fournir des outils qui lui donnent une idée rapide de ce qui s’y trouve (sommaire, table des matières, plan ou carte du site) mais aussi lui permettent de circuler facilement dans les différentes sections (menus, bandeaux de navigation, boutons de retour, etc.).

Ensuite, un site Web n’obéit pas à une logique séquentielle et linéaire comme le déroulement d’un livre; il fonctionne selon une logique hypertextuelle. On peut, bien sûr, par un contrôle serré des hyperliens, contraindre le lecteur à suivre un parcours précis dont il ne peut pas dévier : ce type d’organisation convient bien à une présentation de type diaporama, par exemple; mais on explite alors bien peu la souplesse et la richesse du médium. L’immense majorité des sites présentent donc de nombreux liens entrecroisés, en réseau, comme une toile d’araignée (le nom Web vient précisément de là!), qui permettent à chaque visiteur de définir son propre parcours. Le défi consiste alors à s’assurer qu’il est toujours bien informé des choix qui s’offrent à lui, que jamais il ne se retrouvera dans un cul-de-sac et qu’il ne passera pas à côté d’informations importantes.

3. COHÉRENT

Tout en laissant toute la place souhaitable à la diversité individuelle des moyens d’expression des élèves, le site ne doit pas être un fourre-tout hétéroclite comme si chaque élève faisait son propre site Web personnel. Le graphisme d’ensemble et les techniques de navigation, sans être uniformes, doivent être unifiés. Pour ne prendre qu’un exemple, le bouton pour revenir à la page d’accueil doit être le même sur chaque page du site. De même, les éléments graphiques (couleurs ou images de fond, barres séparatrices, icônes, boutons, etc.) doivent être esthétiquement compatibles. Une règle très simple en ce domaine : d’un seul coup d’œil à n’importe quelle page du site, on doit pouvoir savoir, au moyen d’indices visuels, si on est toujours sur le site ou si on est rendu sur un autre site.

4. DESTINÉ À UN PUBLIC

Tout projet de communication (et le site Web en est un) doit avoir un destinataire. Bien sûr, n’importe qui sur la planète peut avoir accès au site Web de votre classe et le " public " d’un site Web est, dans les faits, parfaitement anonyme! Mais, pour garder une cohérence dans l’information et pour choisir le type d’informations retenues et le style dans lequel on va les présenter, il est néanmoins essentiel d’avoir en tête une catégorie de destinataires pour lesquels on écrit; la plupart du temps, ces destinataires seront d’autres élèves francophones du même âge. Rien n’empêche, par ailleurs, d’avoir, à l’intérieur d’un site scolaire, une section réservée aux parents (comme destinataires ou même comme contributeurs) ou encore " le coin de l’enseignant ".

Par contre, à moins de protéger certaines pages par un mot de passe (technique à éviter le plus possible dans un site qui se veut public), il faut demeurer conscient que tout ce qui se trouve sur le site peut être lu par n’importe qui. Les allusions internes, les blagues de mauvais goût, les fautes de français, les propos répréhensibles, bref, tout ce qui peut avoir un effet négatif sur l’image de la classe ou de l’école a aussitôt un impact… planétaire! D’où la nécessité d’un contrôle serré de la diffusion.

5. RÉGULIÈREMENT MIS À JOUR

Un site Web est un produit dynamique, qui évolue avec le temps et la progression des apprentissages des élèves. Une fois élaboré et mis en ligne, le site n’est pas terminé, contrairement à un album des finissants, par exemple. Il faut le tenir à jour : ajouter de nouvelles pages ou de nouvelles sections pour l’enrichir, retirer les informations périmées, corriger les liens externes devenus défectueux, introduire des éléments commandés par l’actualité, refléter le déroulement saisonnier de l’année scolaire, etc.

Parce qu’il est facile et rapide de modifier un fichier sur un serveur, un site Web n’a pas de périodicité fixe comme un journal ou un magazine. On peut le mettre à jour au besoin (plusieurs fois par jour si nécessaire, bien qu’il s’agisse d’un cas extrême!) ou selon un calendrier fixe (que l’enseignant devra alors déterminer avec son groupe).

Finalement, contrairement à un journal, le contenu du site n’est pas entièrement renouvelé à la faveur d’une mise à jour. Certaines pages peuvent demeurer inchangées pendant des mois parce qu’elles présentent un intérêt permanent; d’autres, au contraire (des annonces d’événements ou des résultats sportifs, par exemple) doivent être retirées dès qu’elles ne sont plus d’actualité. Un site Web scolaire a donc une durée. Cette durée correspond généralement à l’année scolaire. Mais il peut avoir aussi une durée plus longue. Si le site est associé à une école ou à une classe (et non pas aux élèves particuliers qui la composent à tel ou tel moment), le site peut bénéficier, au fil des années, des contributions successives des élèves chaque année. Le site peut aussi être associé à un groupe d’élèves particuliers et les " suivre ", par exemple, tout au long de leur cours primaire ou tout au moins, pendant la durée d’un cycle — ce qui serait tout à fait dans l’esprit de la réforme du régime pédagogique. Autant de décisions que l’enseignant aura à prendre dès la mise sur pied de son projet.